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Interpellation de l’Association des Femmes Juristes du Congo (AFEJUCO), coordonnée par Maître Félicienne Mbembe
La situation est critique dans la province éducationnelle du Kasaï 1. Le Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) y connaît une mise en œuvre chaotique, dénoncée par plusieurs acteurs de terrain.

Des promesses de paiement non honorées 
Lors de son implantation au Kasaï, le PAAF s’est engagé à verser des bourses scolaires aux filles éligibles et à assurer leur prise en charge. Des conventions ont été signées avec les écoles publiques pour formaliser cet engagement. Or, plus de trois mois après le lancement de la phase de généralisation, le constat est sans appel : aucune bourse n’a été versée aux bénéficiaires. Les établissements scolaires n’ont également perçu aucun paiement, en dépit des contrats signés.

« On nous a menti », confie un chef d’établissement sous couvert d’anonymat. « Nous avons fait confiance au projet, inscrit les filles et engagé des dépenses. Aujourd’hui, nous sommes asphyxiés financièrement. »

Une feuille de route ignorée, un calendrier scolaire perturbé 
La généralisation du PAAF au Kasaï avait pourtant fait l’objet d’une table ronde stratégique à Kinshasa. Une feuille de route précise avait été arrêtée : recrutement préalable des ONG de mobilisation sociale, respect du calendrier scolaire et décaissement des bourses dans les délais.

Sur le terrain, ces engagements n’ont pas été respectés. Les ONG n’ont débuté leurs activités qu’en février 2026, alors que le premier trimestre scolaire était déjà écoulé. Ce retard a désorganisé la planification pédagogique des établissements. Les interventions tardives du projet ont empiété sur les périodes réservées aux activités d’enseignement, sans que les financements promis ne soient débloqués.

Contrats bafoués : les écoles publiques prises en otage 
La situation des écoles publiques est particulièrement préoccupante. En signant avec le PAAF, elles comptaient sur un appui financier pour la prise en charge des filles éligibles. En réalité, elles doivent gérer des effectifs accrus par le projet sans recevoir les bourses correspondantes.

De nombreux établissements éprouvent aujourd’hui des difficultés à assurer leur fonctionnement quotidien : pénurie de fournitures scolaires, démotivation du personnel enseignant, suspension des activités parascolaires. Les chefs d’établissements dénoncent une forme de mise sous tutelle : le PAAF impose son calendrier et ses activités, sans honorer ses engagements financiers.

La responsabilité des autorités provinciales éducatives 
Pour l’AFEJUCO, les autorités provinciales éducatives portent une part majeure de responsabilité dans ces dysfonctionnements. « Elles assurent la supervision et le suivi de la mise en œuvre du PAAF au niveau local. Elles n’ont ni veillé au respect des engagements contractuels, ni alerté en temps utile sur les retards de décaissement », souligne l’organisation.

Selon Maître Félicienne Mbembe, cette inaction a plongé les établissements dans l’incertitude, malgré les alertes répétées des responsables d’écoles. « Les autorités provinciales ont manqué à leur mission de contrôle. Elles sont comptables de ce trimestre scolaire compromis », précise-t-elle.

L’AFEJUCO exige des comptes et des mesures immédiates 
Face à cette situation, l’Association des Femmes Juristes du Congo interpelle directement les responsables du PAAF et les autorités éducatives provinciales. L’AFEJUCO dénonce une atteinte grave au droit à l’éducation des jeunes filles et une violation des engagements contractuels pris envers les écoles.

L’organisation formule trois exigences urgentes : 
1. Un audit immédiat du PAAF au Kasaï 1 ; 
2. Le déblocage sans délai des bourses dues aux filles et des paiements dus aux établissements ; 
3. L’identification et la poursuite des responsables des blocages de décaissement.

« Il s’agit d’un préjudice grave causé aux filles et aux écoles. Nous n’excluons aucun recours, y compris judiciaire, pour rétablir ces enfants dans leurs droits », martèle Maître Félicienne Mbembe.

« L’éducation reste bâclée » : un trimestre perdu aux lourdes conséquences 
Les effets sont déjà visibles : un trimestre de l’année scolaire 2026 compromis, des écoles désorganisées et, au final, une éducation au rabais.

Les filles, pourtant désignées comme principales bénéficiaires du PAAF, sont les premières victimes. Non seulement elles ne perçoivent pas les bourses censées garantir leur maintien à l’école, mais elles pâtissent également de la dégradation générale des conditions d’apprentissage dans des établissements financièrement étranglés.

« On ne joue pas avec l’avenir de nos filles. Les autorités doivent s’expliquer et procéder aux paiements immédiatement », conclut Maître Félicienne Mbembe au nom de L’AFEJUCO


Philo Strong Mubiayi

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