L’Association des Femmes Juristes du Congo, AFEJUCO, tire la sonnette d’alarme pour toute la province du Kasaï. Après le renvoi brutal d’élèves des instituts Tshikunga et Mukanya à Dibumba, où la police a fait usage de pierres blessant deux filles, l’AFEJUCO redoute que d’autres écoles subissent le même sort. En cause : le projet PAAF, qui n’aurait pas honoré ses engagements de prise en charge scolaire pourtant promis pour 5 ans. À quelques semaines des examens de fin d’année, Maître Félicienne Mbembe exige l’intervention immédiate du gouvernement provincial et des autorités éducatives pour garantir l’accès à l’éducation sur toute l’étendue du Kasaï.
Dibumba, colline sous tension
C’est la stupeur aux instituts Tshikunga et Mukanya, sur la colline de Dibumba. Ce matin, les cours ont été interrompus par l’irruption des comptables dans les salles de classe. Leur message aux élèves : « Partez chez vous. Le projet PAAF n’a pas respecté ses engagements avec nos écoles comme convenu avec les partenaires. Que vos parents cherchent l’argent d’une année. »
Les élèves, choquées, affirment que leurs parents n’avaient reçu aucune information préalable. « Nous étions à l’école aujourd’hui. Nous avons vu les comptables entrer pour nous faire sortir », témoignent plusieurs filles renvoyées. Une promesse brisée : « 5 ans promis, 3 ans tenus »
Pour ces élèves, c’est une trahison. « Le PAAF nous avait dit qu’il doit nous supporter pendant 5 ans. Mais nous sommes aux troisièmes années », dénoncent-elles. La rupture brutale du financement les laisse sans solution à quelques semaines des examens de fin d’année.
Face au refus de certains élèves de quitter les établissements, la direction a fait appel à la police. La situation a dégénéré : des jets de pierres attribués aux forces de l’ordre ont blessé deux élèves. Leur état n’a pas été précisé, mais l’incident choque la communauté éducative. L’AFEJUCO monte au créneau pour toute la province
La coordinatrice provinciale de l’AFEJUCO, Maître Félicienne Mbembe, condamne fermement « cet acte qui bafoue le droit à l’éducation ». Pour elle, le cas de Dibumba est un signal d’alerte pour tout le Kasaï. « Si le PAAF ne respecte plus ses engagements ici, rien ne garantit que d’autres écoles de la province ne subiront pas le même sort demain », prévient-elle.
L’AFEJUCO appelle en urgence le gouvernement provincial, les autorités éducatives et les partenaires techniques et financiers à se saisir du dossier en exigeant une solution provinciale pour garantir la continuité scolaire.
Philo Strong Mubiayi

Laisser un commentaire