À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, l’élue d’Ilebo brise le silence sur une urgence oubliée.
Dans l’ensemble de la province du Kasaï plus particulièrement à ilebo C’est un cri du cœur qui vient de l’intérieur du Kasaï. Alphonsine Nkuna Biduaya, députée provinciale élue d’Ilebo et membre de la Commission santé à l’Assemblée provinciale, a choisi cette journée du 10 octobre pour lancer un appel solennel aux partenaires techniques et financiers.
Le constat est celui d’une population qui souffre en silence. À Ilebo, nous avons des femmes qui développent une dépression sévère après la perte d’un enfant, des jeunes désœuvrés qui sombrent dans l’anxiété et l’alcool, des survivants de violences qui ne dorment plus. Faute de diagnostic, tout est mis sur le compte de la sorcellerie ou de la folie. La personne est rejetée au lieu d’être soignée.
Selon l’élue, le territoire d’Ilebo, avec plus de trois cent mille habitants, ne dispose d’aucun psychologue, d’aucun centre de prise en charge et d’aucun médicament spécifique pour la santé mentale dans son Hôpital Général de Référence.
Alphonsine Nkuna ne veut plus se limiter au constat. Elle porte un projet concret et invite les ONG, les agences du système des Nations Unies et les partenaires humanitaires à la rejoindre. Il s’agit de former des infirmiers d’Ilebo à la prise en charge psychosociale de base, de doter l’Hôpital Général de Référence d’Ilebo d’un pavillon d’écoute et de consultation et de lancer une campagne communautaire pour déstigmatiser la maladie mentale.
« La santé mentale est un droit, pas un luxe pour les grandes villes. Ilebo aussi a droit à ce droit. Ma porte est ouverte à tout partenaire qui veut agir avec nous », a-t-elle conclu.
Philo Strong Mubiayi

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