L’Association des Femmes Juristes Congolaises, AFEJUCO, condamne avec la plus grande fermeté les massacres perpétrés à Mweka dans le Grand Kasaï. Selon les premières informations parvenues à l’AFEJUCO, plusieurs villages des environs de Mweka ont été la cible d’attaques armées au cours de la semaine écoulée, causant des pertes en vies humaines et des déplacements massifs de populations.
Face à la gravité des faits et à l’absence de bilan officiel à ce stade, l’AFEJUCO exige l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes et la traduction des auteurs en justice.
L’organisation réclame également une réparation intégrale pour les victimes et leurs familles, et appelle à des mesures urgentes de protection des populations.
L’AFEJUCO exprime ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées. Elle rappelle que le droit à la vie, garanti par la Constitution de la République Démocratique du Congo et par les instruments internationaux ratifiés par le pays, impose à l’État l’obligation de protéger, d’enquêter et de punir. Ces violences surviennent dans un contexte de précarité sécuritaire qui affecte particulièrement les femmes, les filles et les personnes vulnérables.
Maître Félicienne Mbembe, Coordinatrice provinciale de l’AFEJUCO Kasaï, déclare : « Nous sommes profondément indignées par ces tueries. Les femmes et les enfants de Mweka paient encore une fois le lourd tribut de l’insécurité. Nous exigeons que la justice soit rendue rapidement et que les survivants bénéficient d’une prise en charge digne, notamment en matière de santé et de soutien psychosocial. »
L’AFEJUCO appelle en conséquence le Gouvernement provincial du Kasaï et le Gouvernement central à diligenter sans délai une enquête crédible, indépendante et impartiale afin d’identifier les auteurs, coauteurs et commanditaires de ces tueries. Elle leur demande également d’assurer la sécurisation des populations civiles à Mweka et dans l’ensemble du Grand Kasaï, de faciliter l’accès humanitaire aux zones touchées, de mettre en place un programme d’assistance judiciaire, médicale et d’accompagnement psychosocial pour les victimes et leurs proches, et de garantir une réparation effective, matérielle et symbolique aux familles touchées.
A la MONUSCO, l’AFEJUCO demande de renforcer son appui à la protection des civils, d’intensifier les patrouilles dans les zones à risque et d’accompagner les autorités judiciaires congolaises dans la collecte des preuves et la lutte contre l’impunité.
A la communauté nationale et internationale, l’AFEJUCO lance un appel à la mobilisation pour documenter ces violations et soutenir les efforts de restauration de l’autorité de l’État dans le Grand Kasaï.
A la population, l’AFEJUCO en appelle au calme, à la cohésion sociale et au rejet de toute forme de représailles. Seule la justice, rendue dans le respect des lois de la République, permettra de lutter durablement contre l’impunité et de restaurer la confiance.
Pour l’AFEJUCO, ces crimes ne doivent ni rester impunis ni être oubliés. La mobilisation de toutes les institutions et de la société civile est indispensable pour que la paix revienne durablement au Grand Kasaï.
Philo Strong Mubiayi

Laisser un commentaire